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par Sempai Keitaro
Quatre nouvelles pendaisons au Japon, le rythme des executions s'accelere.
11/04/2008

Par Kyoko HASEGAWA (AFP)

Ces pendaisons portent a vingt le nombre d'executions dans le pays depuis le 25 decembre 2006 et la rupture d'un moratoire de facto de quinze mois, applique en raison des convictions abolitionnistes du ministre de la Justice de l'epoque, Seiken Sugiura. Pas moins de dix executions ont ete signees depuis l'arrivee en aout de l'actuel ministre Kunio Hatoyama, un fervent partisan de la peine capitale. Seul grand pays industrialise a pratiquer la peine de mort, avec les Etats-Unis, le Japon a pratique la pendaison ces derniers mois a un rythme inconnu depuis 1993, date de la reprise des executions apres trois ans de pause. "J'ai ordonne les executions au regard de la loi dans le respect de ma responsabilite de ministre de la Justice", a simplement declare M. Hatoyama.

Il a ajoute ne "jamais prendre en compte le nombre d'executions ni le rythme des executions" dans ses decisions de signer les ordres de pendaison, soulignant qu'il regardait personnellement les antecedents des condamnes avant de donner son accord. Un responsable d'Amnesty International au Japon, Makoto Teranaka, a denonce aupres de l'AFP des executions organisees "en secret, une fois de plus". Les condamnes a mort ne sont prevenus de leur execution que juste avant et les autorites attendent qu'elles aient ete accomplies pour les annoncer publiquement. "A ce rythme, nous ne pouvons nous empecher de penser qu'il y aura enormement d'executions cette annee, ce qui va completement a l'encontre de la tendance mondiale a l'abolition de la peine de mort et constitue une honte pour le Japon", a ajoute M. Teranaka. Amnesty International a precise que deux des executes avaient ete acquittes en premiere instance avant d'etre condamnes. L'un d'entre eux, Kaoru Okashita, 61 ans, avait ete condamne pour le meurtre de deux personnes il y a vingt ans, dont une vieille dame de 82 ans avec qui il etait en conflit de propriete. Egalement appele M. Akinaga, il s'etait lance depuis sa cellule dans l'ecriture d'une forme de poesie japonaise traditionnelle en 31 syllabes, le tanka.

Ces poemes lui avaient permis d'exprimer ses remords et de faire etat de sa condition de condamne attendant l'execution. L'editrice des ecrits du condamne, Keiko Mitsumoto, a explique a l'AFP qu'il lui envoyait une dizaine de poemes par mois. "Sa poesie etait tres, tres douce et m'apportait meme du reconfort. J'ai du mal a croire qu'il ait pu commettre un meurtre", a-t-elle decrit. Elle a ajoute qu'il se preparait depuis longtemps a sa pendaison, mais qu'il craignait malgre tout "le jour ou un garde s'arreterait devant sa cellule pour lui annoncer son execution".

Amnesty International a precise que parmi les deux autres executes, l'un avait proteste de son innocence jusqu'a sa mort alors que l'autre aurait pu etre reconnu comme irresponsable sur le plan penal en raison d'une deficience mentale. Outre M. Okashita, les trois autres pendus etaient Masahito Sakamoto, 41 ans, condamne pour avoir viole et tue une lyceenne, Katsuyoshi Nakamoto, 64 ans, pour avoir tue un bijoutier et sa femme afin de les voler, et Masaharu Nakamura, 61 ans, pour avoir tue deux hommes en empoisonnant leurs boissons. Une centaine de condamnes attendent dans les couloirs de la mort japonais.

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