origine du peuple japonais

 


Sous menu

Origine du peuplement de l'archipel

 

Il est difficile d’établir avec précision une date concernant le début de l’apparition de l’homme dans les îles japonaises, et l’origine exacte de ce peuplement. S’il y a peu de doute sur le fait que plusieurs migrations depuis le continent ont eu lieu à différentes époques, il semble qu’il soit possible que celle-ci aient commencé vers 500 000 avant notre ère, au moment oû les îles japonaise étaient encore réunies au continent, l’homo erectus étant alors largement répandu de la Sibérie à la chine actuelles. Mais nous ne disposons pour l’instant d’aucune preuve de cette présence. Les plus anciens sites paléolithiques du pays découverts dans la région de Chichibu et Saitama sont difficiles à dater, mais on pense qu’ils peuvent être estimés à 200 000 ans, voire plus.D’autres vagues de migrations ont eu lieu après 200 000 avant notre ère, quand des populations de chasseurs ont pu traverser les détroits entre la Sibérie et le Hokkaidô et ceux entre la Corée et le Kyûshû au moment de la dernière glaciation, mais des doutes surgissent sur l’origine exacte des peuples qui sont venus habiter l’archipel. Il semble en tout cas indiscutable pour Matsuura Hidenao de l’Université Ochanomizu que les caractéristiques morphologiques ont changé à ce moment-là. Mais doit-on attribuer ce changement à une modification dans la composition de la population ou est-elle seulement d’origine climatique ?
On fait habituellement appel à différentes spécialités pour répondre à ce type d’interrogation sur les origines ethniques d’un peuple : L’étude des caractéristiques anatomiques, de la linguistique, des religion ou des mythes, et plus récemment de la génétique des populations, apporte des réponses parfois contradictoires. L’examen des caractéristiques anatomiques suggère un mélange entre des branches issues du continent et de l’aire Pacifique-sud. Quant à la langue japonaise, elle fait partie du groupe des langues oural-altaïques, ce qui laisserait surtout présager une migration vers l’est depuis la Sibérie de la population ayant donc pénétré au Japon par les îles septentrionales de Sakhaline et du Hokkaidô. La ressemblance des langues japonaise et coréenne sur le plan morphologique et grammatical a été plusieurs fois remarquée, alors que le japonais n’a rien de commun dans ces domaines avec le chinois. La religion autochtone du Japon, le Shintô, une croyance animiste, si elle peut être comparée au taoïsme, rapprocherait plutôt les Japonais de certains peuples insulaires d’Asie du Sud-Est et de Mélanésie.
Quand aux recherches récentes dans le domaine de la génétique, des rapprochements d'ADN effectués par différentes équipes de scientifiques montrent là encore d’assez grandes variations. L’étude des chromosomes Y sur des échantillons de populations du Japon de l’époque Jômon par Michael Hammer de l’Université d’Arizona en 1998 avait permis dans un premier temps de rapprocher ce peuple des Tibétains. La même année, les travaux de Saitô Naruya sur l’ADN l’ont engagé à conclure à deux vagues succéssives de migrations en provenance du nord du continent asiatique, puis de Malanésie. Les études sur l’ADN des globules blancs menées àl’Université de Tôkyô plaident pour plusieurs séries de migrations en provenance de la Chine du Nord par la Corée et de la Chine du Sud par les Ryû-Kyû. L’étude virale plaide pour un rapprochement plus étroit avec les Coréens.
De tous ces résultats, il ressort en tout cas que l’archipel a connu plusieurs vagues de migration, et que l’origine ethnique des Japonais est loin d’être aussi simple que les mythes développés sur l’unicité du peuple habitant ce pays l’ont prétendu jusqu’à parfois une date récente.

retour