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L'époque Yayoi

(400 av. notre ère à 250 ap.)

poterie yayoiEn 1884, le docteur Arisaka Shôzô (1868-1941) découvre une jarre d’un type jusque-là mais manifestement différent des poteries Jômon, dans le quartier de Yayoi-chô, à Tôkyô. Elle est de ce fait baptisée poterie « de type Yayoi ». Sans décor, elle présente une pâte plus fine que les poteries Jômon, et son aspect indiquent une fabrication au tour et une cuisson à des températures plus élevées.

Cette poterie qu’on avait d’abord crue contemporaine de l’époque Jômon, se révèle associée à des objets en métal (fer, bronze) et des jarres contiennent des grains de riz. On en vient donc rapidement à associer cette poterie à la riziculture irriguée, ce que la découverte du site de Toro (préfecture de Shizuola) confirme dès 1947, puis les fouilles de nombreux autres sites, en particulier ceux d’Itazuke, Karako et Yoshinogari. Ensuite, d’autres découvertes ont permis d’associer à la culture Yayoi une agriculture diversifiée (riz, blé, millet, orge, sarrasin, soja), et le tissage du chanvre et de la soie.


Comme nous y faisions précédemment allusion avec la question de savoir si les représentants de la culture Jômon avaient été les ancêtres des Ainu, l’une des controverses majeures ayant opposé les historiens japonais concerne les races respectives des cultures Jômon et Yayoi. Une culture en supplantant une autre, cela fut-il la trace évincée par une autres ? Les comparaisons entre squelettes de différentes époques ont finalement apporté une réponse négative à cette question. Seules les traces d’une musculature très développée sur les squelettes de l’époque Jômon, et des caractéristiques plus proches du Japonais actuel sur ceux de l’époque Yayoi semblent différentier les deux époques. Une évolution qui témoigne seulement d’une amélioration sensible de la vie quotidienne.


Par ailleurs, les anciennes chroniques chinoises apportent plusieurs descriptions du Japon à l’époque Yayoi. Le pays de Nu, qui correspond probablement à la région de Hakata, dans le Kyûshû, est signalé dans les Mémoires des Han postérieures (rédigés en 445 par l’historien chinois Fan Ye) pour avoir envoyé une ambassade auprès de l’empereur chinois Guangwudi en 57 de notre ère. Les Annales du royaume de Wei, compilées en 297, signalent par ailleurs le pays de Wa (ou de Wo), situé au Japon sur au moins une partie de l’archipel, comme étant composé d’une centaine de communautés tribales.


Dans ces deux textes, le Japon d’alors apparaît comme le vassal de la chine. L’empire chinois commence effectivement à exercer une grande influence sur le Japon de cette époque, d’abord par le nord du Kyûshû. C’est dans cette région qu’on retrouve, comme dans le sud de la Corée, des pièces de monnaies de l’éphémère dynastie chinoise des Sin (qui régna de 8 av. à 25 ap.), preuve de relations commerciales. Un sceau émis par l’empereur de Chine a été retrouvé en 1784 par un paysan dans l’île de Shiga, tout près de Hakata. Ce sceau est aujourd’hui l’un des « Trésors Nationaux » du Japon. Nous pouvons donc supposer qu’il existait déjà au Japon plusieurs pays ou tribus, dont les annales chinoises conservent quelques traces, cependant assez rares...Suite

 

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