La culture Jômon

 


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L’apparition de la céramique : La culture Jômon

(10 500 – 400 avant notre ère)

poterie de l'ère jomonC’est le zoologiste américain Edward Silvester Morse (1838 – 1925) qui est à l’origine de la reconnaissance par la communauté scientifique de la céramique japonaise jômon, gràce à son rapport de fouilles publié par l’Université de Tôkyô en 1879 sous le titre Shell Mound of Ômori. Il y décrit des habitats caractérisés par l’association d’amas de coquillages (kaizuka), d’ossements humains et de fragments de céramique à « décors de marques de cordes ».

Le terme jômon (縄文) vient à traduire ce type de poterie dans les années 1920, puis à désigner l’ensemble de ce qui correspond à une période mésolithique japonaise. Les découvertes dans le nord du Kyûshû et dans le Shikoku occidental témoignent de l’ancienneté des poteries japonaise, qui sont même antérieures aux premières poteries chinoises.Les abris sous roche de Fukui (préfecture de Nagasaki) et Kami Kuroiwa (préfecture d’Ehime) sont en effet datés par la méthode du carbone 14 de plus de 12 000 ans avant notre ère, ce qui en fait les poteries les plus anciennes au monde.

Des déchets de nourriture principalement constitués de coquillages et les hameçons et harpons découverts dans les kaizuka montrent que la diète des populations cÔtières est largement dépendante de la mer, alors que la populations de l’intérieur des terres vivent plus de chasse et de cueillette. La possibilité de la culture de certaines plantes dès cette époque est vivement discutée par les préhistoriens. A l’appui des partisans de cette hypothèse, l’apparition au Jômon moyen d’assez importants établissements semi permanents et la découverte de « haches » de pierre dont le tranchant peu coupant suggère qu’elles furent utilisées pour creuser le sol. Tout récemment en 1999, la preuve de la culture de céréales a été découverte à Asabane, dans la préfecture d’Okayama. Elle daterait de 6 000 avant notre ère.

Les sites semi permanents qui deviennent de plus en plus nombreux dans le nord-est du Honshu, dans le Kyûshû, puis dans le Tôhoku lors du Jômon final sont établis sur des élévations naturelles et s’organisent en forme de fer à cheval autour d’une place centrales devant laquelle se dresse un grand édifice pouvant avoir servi de maison commune. Les habitats établis sur une fosse de forme circulaire de forme allongée sont entre cinq et plusieurs douzaines et certains de grande taille ont révélé des foyers, des débris de nourriture, et même des sols dallés dans le Jômon moyen à tardif.

Les rites funéraires restent sommaires, le corps étant simplement inhumé dans un puits, parfois avec les genoux repliés sur la poitrine, celle-ci parfois recouverte d’une pierre. Par contre de nombreuses figurines de 20 à 35 cm de haut, anthropomorphes le plus souvent, mais aussi zoomorphes, et en tout cas à l’aspect fantastique assez éloigné de la réalité, ont été retrouvées dans des décharges proches des villages, le plus souvent volontairement cassés, mais rien ne permet d’affirmer leur utilisation rituelle. Si au Jômon naissent il s’agit plutôt de statuettes taillés dont la présence reste limitée aux régions septentrionales du Japon, au Jômon moyen, on rencontre ces figurines jusque dans la région d’Ôsaka, puis dans l’ensemble du Japon au Jômon tardif. Malgré une grande diversité de formes et de représentations selon les lieux et les époques, la répétition de la représentation de figurines féminines aux formes exagérées peut faire songer à l’existence d’un culte de la fertilité. Certaines décorations sur le visage et le corps des figurines ont fait penser à la représentation de vêtements, de tatouages ou de scarifications... Suite.

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