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L’apparition de la céramique : La culture Jômon
(10 500 – 400 avant notre ère)
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La première hypothèse semble d’avoir être écartée, le tissage étant encore inconnu et les découvertes archéologiques laissant supposer que la majorité des vêtements d’alors étaient fait d’écorce. Par contre, la présence encore courante au début du XXe siècle chez les Ainu, populations aborigènes du Japon, de cette pratique a permis d’émettre l’hypothèse que la scarification pouvait avoir été courante. Se basant sur cette possible chercheurs ont suggéré que les représentants de l’époque Jômon étaient les ancêtres des Ainu, mais les recherches sur les ossements découverts dans tout le Japon ont rendu caduque cette hypothèse. Parmi les autres témoignages de l’époque Jômon, ont été découverts différents ornements corporels, bracelets, colliers, parures d’oreilles et ornements de chevelure, faits de coquillages, de pierre, de bois, d’os ou d’argile. Des masques d’argile (domen) deviennent fréquents à partir du Jômon tardif, surtout dans le Kantô et le Tôhoku. Bien que l’architecture mégalithique ne soit pas réellement représentée à la période Jômon, quelques sites ont livré des ensembles de sekibô ou pierres dressées, le plus souvent assimilées à des symboles phalliques. En particulier, un ensemble unique de 800 sekibô a été découvert à Miyagawa en 1992. En 1975, la découverte de laque à usage décoratif datant du Jômon ancien vient prouver que l’utilisation de la sève de l’arbre à laque au Japon est largement antérieure à la culture de cette plante et à l’introduction du bouddhisme au Japon, à laquelle on la rattachait traditionnellement. Dans ce cas comme dans celui de la poterie, on penche donc aujourd’hui pour une découverte autochtone.
Le refroidissement climatique du Jômon tardif provoque un déclin démographie et l’abandon de nombreux sites. Les populations se concentrent près des côtes et le style Jômon s’appauvrit. Au Jômon tardif, une renaissance apparaît dans le Kantô et le Tôhoku, avec de la vaisselle de plus petite taille, mais aux formes très élaborées. Pourtant cette culture du Jômon final est déjà concurrencée par une nouvelle forme, celle dite de Yayoi, qui va la supplanter dans l’ensemble du Japon, sauf dans le Hokkaidô où un Jômon persistant se maintient jusqu’en 500 ou 600 de notre ère. La complexité de la culture Jômon rend difficile sa classification dans le schéma d’évolution préhistorique de l’Europe, ou même de la Chine. Si la poterie en est un élément marquant, de même que l’industrie lithiques, des éléments propres aux cultures mégalithiques de par le monde sont absents ou très rares lors de la période Jômon, comme les débuts significatifs de l’agriculture ou de l’élevage, l’érection de monuments mégalithiques, ou le tissage. Ils ne se développeront qu’à l’époque Yayoi. Par ailleurs des caractéristiques originales à l’archipel japonais se développent déjà. |
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Mais
le signe le plus marquant de la période Jômon, qui
a permis sa périodisation, reste la céramique à
décor de cordes enroulées. Réalisées
à partir de la technique du colombin, puis cuites à
basse température, ces céramiques sont ensuite décorées
de chevrons caractéristiques de la période, à
l’aide de cordelettes enroulées autour d’un
bâtonnet, appliqué sur l’argile encore humide.
Cette poterie évolue rapidement. Au Jômon naissant,
on ne trouve que des jarres à fond plats, mais dès
le Jômon ancien, les formes commencent à se diversifier
(vases, bols, coupes) ainsi que la décoration, tandis qu’apparaissent
même des styles locaux. C’est au Jômon moyen
que ce style connaît son apogée, avec une vaisselle
très variée de grande taille et des motifs décoratifs
de plus en plus riches et complexes, zoomorphes et naturalistes.
La production est le fait des régions montagneuses centrales
du Japon et des échanges nombreux se développent
tandis que se différencient deux types de poterie : un
premier de facture très travaillée utilisant des
techniques de plus en plus complexes, et un second à usage
plus pratique, de la simple vaisselle.

